
Il y a la fête de Noël et la magie de la Noël. L’une, d’origine religieuse, s’inscrit dans les traditions chrétiennes, tandis que l’autre, astrologique, puise ses racines dans un univers plus vaste et cosmique.
Pour les fêtants aveugles, qui suivent les coutumes sans méditer sur leurs origines et sans comprendre la raison de leur choix, fêtent à corps perdu sans lumière. Mais les initiés, dignes de ce nom, adoptent la fête de Noël comme tout le monde, tout en célébrant la magie d’hiver.
La Noël, bien avant la naissance de Jésus, signifiait “nouvel”, “renouveau”, “nouveau départ”. Issu du mot « Nouel », elle est parfois associée à l’expression « Nouvel Hélios », signifiant « Nouveau Soleil ». Dans une perspective haïtienne, la Noël ne doit pas être rejetée sous prétexte qu’elle appartient aux chrétiens. Cela dépend de l’angle sous lequel on l’observe et du niveau de conscience avec lequel on la comprend.
La magie de la Noël est liée à un événement cosmique : le solstice d’hiver, moment où le soleil atteint son point le plus bas avant de remonter, symbolisant ainsi le renouvellement de l’énergie. Cette période n’est pas exclusive au christianisme ; elle est marquée par les naissances de divinités telles que Mithra et Krishna. La Noël représente la célébration du grand mystère, la fête de naissance de la lumière intérieure, prête à s’illuminer.
Au lieu de s’entredéchirer autour d’une opposition stérile contre l’occident, il serait plus judicieux de s’élever pour comprendre la vie naturelle et sa démarche. La Noël ne commence pas avec le christianisme ; elle intègre des principes cosmiques, anciens et universels, bien au-delà des frontières d’une seule religion.
Considérons les quatre grandes fêtes chrétiennes, correspondant aux quatre grands événements cosmiques : la Noël (solstice d’hiver), la Pâques (équinoxe de printemps), la Saint-Jean (solstice d’été) et la Saint-Michel (équinoxe d’automne). Ces célébrations illustrent la capacité du christianisme à transformer et intégrer des courants cosmiques dans ses rites.
Trop souvent, la Noël fait l’objet de critiques, en particulier de la part de ceux qui suivent les pratiques vaudou, arguant qu’ils ne devraient pas célébrer une fête chrétienne. Cette conception est erronée. Il est nécessaire d’élever le discours pour percevoir au-delà des limites imposées par le colonialisme. Le Vaudou, avec son ancienneté et sa sagesse, transcende la lutte contre l’Occident. La Noël est, en essence, bien plus vaste et inclusive que le seul cadre chrétien.
En somme, la Noël, dans son essence la plus profonde, est un pont entre les mondes, un symbole de renouveau et de lumière qui transcende les frontières religieuses, culturelles et historiques. Elle nous invite à la réflexion, à l’introspection, et à l’élévation spirituelle, nous rappelant que la lumière est en chacun de nous, prête à briller de mille feux. C’est cette compréhension élargie et cette célébration de la lumière intérieure qui forge l’essence véritable de la Noël, une essence qui dépasse de loin les conceptions traditionnelles et ouvre les portes à une spiritualité universelle et inclusive.
Le Comte de Sabatha

Thank you for this Granmèt! For the last few years, I refused to take any part of the Christmas celebration. I felt like it was a marketing and religious propaganda. However, I’ve always felt a deep connection to the season holiday…Thank you for educating me on it🙏🏾
ALUTRELI
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