Vers une Spiritualité Désacculturée : Quête de l’Universel sans les Textes Sacrés.

Les écritures sacrées se présentent comme l’incarnation des croyances populaires, des cultures et des révélations prétendument divines propres à chaque civilisation. Approfondir l’étude de ces textes exige une considération immédiate et rigoureuse du contexte culturel et des systèmes de croyances qui leur ont donné naissance. Je maintiens fermement que la genèse d’un corpus scripturaire sacré ne peut ignorer une vaste étendue de croyances populaires, ce qui le rend potentiellement divergent de la spiritualité universelle.

L’homme, étant inéluctablement façonné par son environnement culturel, ne peut produire une œuvre exempte de l’empreinte de son milieu. Cela induit qu’il n’existe point de religion qui n’émerge sans l’ancrage d’une culture et d’un ensemble de croyances. Les messages dits divins doivent inévitablement être perçus et interprétés à travers le prisme de cette lunette culturelle. De là émerge une interrogation cruciale : Est-il possible d’embrasser une pratique religieuse ou ésotérique sans s’approprier également la culture à laquelle elle est intrinsèquement liée ? L’individu pleinement conscient de sa place dans l’univers peut se connecter avec les énergies cosmiques, non altérées par les empreintes culturelles. Toutefois, cela exige souvent le sacrifice douloureux de percevoir la divinité dans sa gloire sans être entravé par les croyances héritées de nos aïeux, qui ont façonné leurs dieux selon leur propre niveau de conscience de l’époque.

La problématique devient alors pressante pour un individu ou une nation qui aspire à embrasser la religion d’autrui sans parvenir à dissocier les vérités multidimensionnelles des marques culturelles. Haïti, par exemple, ne saurait adopter le christianisme sans tenir compte de la culture et des traditions populaires judaïques et de leurs ramifications ; les Haïtiens ne peuvent se réclamer du vaudou sans prendre en considération l’influence des cultures de divers pays africains ; de même, l’Afrique musulmane ne peut se réapproprier l’islam sans subir l’influence de la culture arabe. Il est essentiel de reconnaître, en préambule, qu’il n’est pas problématique en soi d’adopter des croyances d’autres peuples, car il est rare qu’une société ne s’enrichisse pas de croyances importées. Une culture est, après tout, un amalgame de tendances et de croyances diverses, dont nombre ont leurs racines ailleurs. Néanmoins, il est capital de comprendre que ces croyances ne sont pas des principes universels et qu’il serait vain, voire dommageable, de contraindre quiconque à les pratiquer sous peine de damnation.

La trilogie qui façonne les textes sacrés des peuples se compose ainsi :

  1. Une compilation de sagesse ancestrale plus ou moins illuminée.
  2. Un éventail de croyances culturelles et de valeurs éthiques.
  3. Une série de messages émanant d’entités, qu’elles soient de lumière ou d’obscurité.

Pour atteindre une libération ultime, il est impératif de se désacculturer, de penser et d’agir sans le fardeau de la culture ou de la religion. Une religion n’est autre qu’une interprétation culturelle de l’existence. Même si certains messages proviennent d’êtres intraterrestres ou extraterrestres, ils seront, d’une façon ou d’une autre, filtrés à travers nos paradigmes culturels, nos craintes et nos limitations.

Il arrive que certaines âmes, après de multiples incarnations, s’élèvent au-delà des coutumes traditionnelles. Souvent ostracisées, ces âmes sont perçues comme hérétiques, car tout ce qui s’écarte de la norme culturelle est jugé fatalement erroné par la collectivité.

Cependant, en marge de cette perception souvent tragique, une minorité de religions, parfois réformées par des âmes éclairées, se transforment en véritables cercles universels.

Que l’on aspire à apercevoir le Divin sans le filtre de la culture ou sans les écritures sacrées, c’est là le signal de l’approche de la libération finale.

Le Comte de Sabatha

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